Le challenge de la recherche d’emploi

Oui, je vais lâcher le mot, je suis chômeuse. Oui mais attention, une chômeuse qui ne touchera pas d’indemnité, qui n’a jamais vraiment travaillé (parce que des stages, c’est pas du travail, hein, la preuve on est payé une misère), une jeune diplômée quoi ! Je ne vais pas parler aujourd’hui des offres d’emplois et de stages aberrantes (recherche jeune diplômé avec 10 ans d’expérience pour un salaire de merde…) mais plutôt me concentrer sur le challenge que représente moralement cette période pas très marrante, un véritable ascenseur émotionnel. retour sur mes erreurs pour lesquelles j’essaye de trouver des solutions afin de rester positive. Discutons-en.

Au début, tout le monde m’a dit que parler 3 langues, avoir un bac+5 dans une filière universitaire encore plus ou moins respectée et une première expérience de stage fructueuse me permettrait de trouver un emploi facilement, pas plus de 2 ou 3 mois. Bon alleeer, maximum tu trouveras en janvier. OK. En attendant, je me suis rendu compte que la recherche d’emploi était bien plus un travail sur soi-même qu’une démarche de séduction de l’employeur.

J’entame actuellement mon 4eme mois de recherche et autant dire que je ne vois pour l’instant aucune issue heureuse. Je suis passée par plusieurs phases : détermination (le 1er mois), la déprime(le 2nd mois), le déni(après le premier entretien négatif), la remotivation (après une convocation pour un entretien) et maintenant le dépit (après un nombre affolant de CV envoyés et restés sans réponse(même négative)). Rien que ça. En quatre mois oui oui. Et la remise en question perpétuelle : dois-je me concentrer sur des offres qui me plaisent sincèrement? Dois-je m’ouvrir à des boulots moins intéressants? Dois-je vendre mon âme pour une société dont je ne respecte pas les valeurs ? (non)

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Après une journée de recherche d’annonces, de réécriture de CV et d’espoirs…

Le plus difficile c’est l’attente. Souvent pour rien puisqu’un bon nombre d’entreprises (ou même d’administration, j’suis pas sectaire) ne prennent pas la peine de répondre à ses candidats, même après relance(s). Aujourd’hui je me retrouve à un point où je suis heureuse de recevoir une réponse négative. J’ai au moins l’impression d’exister.

À cette attendre, s’ajoutent le manque de confiance, et la dévalorisation qu’entraîne le chômage. J’ai naturellement peu confiance en moi, c’est d’autant plus vrai que je dois, de surcroît, être victime d’un petit syndrome de l’imposteur qui ne doit pas m’aider à être convaincante (à ce sujet, je vous conseille cet article de Madmoizelle, en fait je vous conseille tout le site de Madmoizelle, je les aime ces madmoizelles ❤ ). J’ai quelques amis de promo qui ont su tout de suite trouver du travail, rebondir et s’épanouir. Je les envie beaucoup, bien que je sois très heureuse pour eux! Mais à cause d’eux impossible de ne pas me dire que je suis nulle, incapable de faire la même chose et bonne à rien… j’ai beau chercher à voir où est le problème et le manque de confiance en moi semble être un début de réponse.

Pour ne pas devenir folle et sombrer dans la dépression pure et simple (car oui, je pense que dans ce type de situation on est très fragile mentalement) j’ai revu et corrigé l’organisation de mes activités quotidiennes. En effet, lors de mes premières semaines de recherches, je passais des heures et des heures scotchée à mon ordinateur à taper des lettres de motivation, chercher des offres et prospecter des informations sur les entreprises. JE NE PENSAIS QU’À ÇA et je ne prenais le temps pour rien d’autre!! Grave erreur. Ça m’a vite rendue folle. J’ai donc revu mon emploi du temps en m’imposant des moments d’activités qui me changeraient les idées : ma soudaine motivation pour le sport n’est pas anodine, je me suis également lancée dans des DIY qui me faisaient de l’œil depuis des années. J’ai trouvé un petit job qui me fait plaisir (tout petit, pour ne pas empiéter sur ma recherche de l’emploi rêvé) (en l’occurrence je donne chaque semaine des cours de soutien scolaire).

Ma grande erreur à été de me replier sur moi même. De retour au foyer familial, j’ai perdu contact avec mes amis. Ne souhaitant pas les embêter avec mes histoires de chômeuse et aussi parce que j’avais l’impression de n’avoir rien d’intéressant à leur dire j’ai préféré ne donner aucune nouvelle(peut-être aussi parce qu’ils sont dans la même situation que moi et que je ne voulais pas plomber aussi leur moral). Avec du recul je regrette car j’ai d’excellents amis qui m’en ont voulu de n’avoir pas partagé mon mal être (rassurez-vous, aujourd’hui ma vie sociale est redevenue parfaitement normale).

En fait, j’ai fait l’erreur de résumer le chômage comme une période d’inactivité pour laquelle il faut consacrer 100% de son temps pour y remédier.

Aujourd’hui, malgré cette situation qui me pèse et l’attente toujours plus pénible, je refuse le fatalisme et projette de partir vivre à l’étranger dans un futur proche. Aller voir ailleurs si c’est mieux, c’est peut-être fuir la réalité, c’est peut-être fuir la France qui ne m’a pas donné la chance de travailler pour elle, mais c’est surtout l’occasion pour moi de repartir sur de nouvelles bases. Une nouvelle aventure pour une nouvelle vie!

Si vous aussi vous avez traversé ou vous traversez actuellement cette situation, je suis curieuse de savoir comment vous l’avez géré !

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1 réflexion sur « Le challenge de la recherche d’emploi »

  1. Salut !

    J’aurais pu écrire cet article tellement je me suis identifiée à ce que tu ressens. J’ai connu deux périodes de chômage qui n’ont pas excédé deux mois mais qui ont été suffisamment longues pour me remettre quotidiennement en question. Je ne me sentais pas à la hauteur et dévalorisée. J’en voulais aussi à cette société qui vend aussi du rêve en disant que les diplômés d’école de commerce décrochent très rapidement un job. Il y a quinze ans, la situation aurait été différente mais depuis, la conjoncture a bien changé …

    J’ai un master RH et même si je n’ai pour le moment pas trop galéré pour trouver un emploi, je suis toujours en CDD. Des CDD longue durée mais des contrats précaires tout de même … Je suis sortie de mon école en octobre 2013 et j’en ai marre d’enchaîner ce type de contrats. En plus, je suis actuellement conseillère en insertion professionnelle et constate quotidiennement à quel point les jeunes galèrent pour s’en sortir. Ils me renvoient aussi au fait que je vais peut-être de nouveau rechercher un job dans plusieurs mois …

    En tout cas, je trouve ton article très juste et débordant de sincérité. Toute une génération peut s’y reconnaître. J’espère aussi que tu continueras de croire en toi et que tu ne baisseras pas les bras. Sache aussi que la vie est faite d’opportunités.

    Bon courage !

    PS : Dans quel domaine recherches tu du travail ?

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